Reveillon Granada

Pour conclure le voyage, il fallait vous raconter le 31 diciembre en la calle de Grenade.

Un réveillon Erasmus, c’est avant tout, un réveillon improvisé, où personne ne sait le nombre d’invités, le programme de la soirée, ni ce qu’il y aura au diner.

Finalement, le hasard faisant bien les choses, je me suis retrouvé seul au milieu d’étudiantes Erasmus (3 françaises, 1 Marocaine, et 4 Polonaises), avec à manger et à boire sur la table.

-          Petits Toasts et Empanadas en vrac sur la table, avec un petit Moscatel.

-          Russsian Salad by Polish Girls 

Cette salade est appellee Macédoine en France, Salade Russe ailleurs et Salade Olivier en Russie.

"En l’an 1860, un chef M. Lucien Olivier, propriétaire du restaurant l’Hermitage au centre de Moscou, met au point la salade qu’envie tous dignitaires et hautes personnalités de passage chez le Tsar à la fin du  19ème siècle. Tous veulent connaître le secret de cette salade. Le secret c’est que Lucien est Français et qu’il a rapporté bon nombre d’ingrédients pas très prisés au pays de la Vodka. Il a mélangé avec grande attention de la viande de gelinotte, langue, champignons cuits, des pommes de terre, concombres, olives, laitue, truffes et bistortes. Le tout assaisonné de mayonnaise et de sauce soja.

Bistorte et Gelinotte

        

 

 

      

 

Lucien ne cédera jamais la recette qui fit son succès, mais bon nombre de ses apprentis cuistos, tentèrent de reproduire la « russian salad » dans les autres restaurants de Moscou. Ivanov, peut-être un descendant d’Ivan le Terrible, démocratisa cette salade en vendant la recette à une maison d’édition. Le malheureux !

Le problème c’est qu’une révolution communiste, et deux guerres plus tard, la Salade Olivier n’est plus ce qu’elle était. Ivanov, Trotsky, Staline, aurait pu y réfléchir à deux fois ! Par leur faute, la « russian salad » a perdu tous ses ingrédients de noblesse, mais malgré ça elle reste consommée en version simplifiée, à toutes les grandes occasions. Chaque famille, chaque région à sa propre recette. Aujourd’hui, les grands restaurants se jouent d’elle en y ajoutant du homard, des anchois, du saumon fumé…en mémoire de Lucien.

 Le jour de l’an étant une grande occasion et la Pologne étant fortement influencées par l’ex-URSS, nous avons eu le droit à cet agglomérat de pomme de terre, cornichons, petit pois, œuf, carottes, oignions liée à la mayonnaise…  Au passage, après avoir appris que brochette se disait Szaszłyk cet été, je sais à présent que cornichons se dit Ogurek. Cela peut toujours être utile ! 

Il est amusant d’analyser l’évolution d’un plat au cours de l’histoire. Nous observons son évolution à travers les époques et la manière dont il s’installe finalement dans la culture gastronomique d’un Pays.

-          Poulet au curry avec des pettes cacahuètes dedans parce que c’est la fête et un rouge « El Coto – Crianza 2008 »

       

Il était temps de s’en aller fêter la nouvelle année dans les rues de Grenade. Et comme nous étions en retard le feu d’artifice ne fut que sonore. Nous explosions deux bouteilles de champagnes à 80€… de Cavo à 13€ sur une petite place en comité restreint.

La tradition espagnole du jour de l’an veut que lors des douze coups de minuit, chacun mange douze grains de raisins. Cette coutume n’est ni d’ordre religieux, ni même historique, mais seulement économique. En 1909, un excédent de production de raisins pousse deux viticulteurs d’Alicante a trouvé une solution pour écouler leurs stocks. Noyés dans les grappes, ils profitent de l’évènement  du jour de l’an avec succès. Depuis chaque année, dans toutes les villes d’Espagne la tradition se perpétue.

 Il s’agit d’avoir un peu de concentration et de trouver le bon timing, pour éviter de recracher les grains de raisins sur ses partenaires de soirées. 

Si ce reveillon un peu particulier est dans la rubrique Cooksurfing, c'est que les polonaises m'en ont dit un peu plus sur les produits que j'avais découverts lors de l'article précédent. 

Leur soplica préférée est la "Soplica Nuts" à la noix de coco... à la simple évocation de cet alcool j'ai vu leurs rétines briller. 

Et je leur ai parlé également des petits michalkis que m'avait offert Asia l'été dernier, et là aussi les Polonaises expatriées en Espagne, avaient leurs petits favoris : Les wavel czekolada mini. Un petit assortiment de bonbons, qu'elles avaient rammenées à ma soeur, les Malagas (liqueur de raisin), les Tiki Taki (noix de coco) et les Kasztankis (chocolat)... là encore il faut aimer, mais un lendemain de reveillon tout passe (sauf la russian salad vous l'aurez compris) !!

Merci encore de votre lecture et bonne année 2013 à Tous !! 

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